Julien dans le rôle de Belcore

La compagnie Lyric and Co, qui veut démocratiser l'opéra en l'apportant dans les territoires, a présenté une version revisitée de l'œuvre en opéra-comique, mêlant chant et théâtre parlé. Mise en scène par le pianiste Thomas Saghezchi, qui en signe la note d'intention ci-dessous, elle a été jouée dans la salle de spectacle d'Oye-Plage le 28 août 2026, puis à l'église Saint-Denis de Saint-Omer le 29 août 2026, devant une salle comble qui a salué la représentation d'une standing ovation.

L'Elisir d'amore (L'Élixir d'amour) est un opéra de Gaetano Donizetti créé en 1832. Belcore, le sergent fanfaron, y courtise Adina face au timide Nemorino ; son air d'entrée, « Come Paride vaghissimo », est l'un des grands moments de baryton du belcanto.

Distribution (d'après l'affiche) : Julien Capy (Belcore), Yves Vandenbussche (Nemorino), Matthieu Heim (Dulcamara), Sarah Rodriguez (soprano) ; Thomas Saghezchi, piano et mise en scène.

Affiche de L'Élixir d'amour de Donizetti, église Saint-Denis de Saint-Omer, 29 août 2026
Affiche de la production

Le regard du metteur en scène

Et si L’Elisir d’Amor parlait aujourd’hui de coaching toxique, de marketing du désir et d’illusion sentimentale ?

Dans cette relecture radicalement contemporaine de l’œuvre de Gaetano Donizetti, l’élixir n’est plus une potion magique : il devient un produit. Une promesse de transformation. Un parfum miracle. Un slogan.

Dulcamara n’est plus un simple charlatan : il est un gourou en blanc, entrepreneur du bonheur, vendeur de solutions émotionnelles clé en main. Nemorino devient le symptôme d’une société qui confond amour et performance affective. Adina traverse un parcours de lucidité, entre distance ironique et effondrement intime.

La scénographie, épurée et fragmentée par la lumière, place les personnages dans deux appartements voisins séparés par une cloison — frontière physique et mentale, fantasme et obstacle. L’espace devient le terrain de projection du désir et de la solitude.

La musique de L’elisir d’amor reste intacte dans ses moments emblématiques, mais le rire laisse progressivement affleurer une tension plus contemporaine : celle d’êtres qui cherchent à aimer dans un monde saturé de promesses.

Ce spectacle ne modernise pas l’opéra.
Il révèle ce qu’il contient déjà :
la fragilité, l’illusion et le besoin vital d’être aimé.

— Thomas Saghezchi, metteur en scène

Les représentations

DateRôleLieu
28 août 2026BelcoreSalle de spectacle d'Oye-Plage
29 août 2026 · 20 h 30BelcoreÉglise Saint-Denis, Saint-Omer

Ils en ont parlé

« La beauté des voix des acteurs était remarquable. […] La voix de baryton-basse de Julien Capy (le sergent Belcore qui convoitait Adina) [a] ravi le public. »

L'Indépendant, 2 septembre 2026

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